Accueil Date de création : 13/05/08 Dernière mise à jour : 05/07/08 18:27 / 35 articles publiés
 

image de splinter cell double agent  posté le samedi 05 juillet 2008 17:18

lien permanent

double agent  posté le samedi 05 juillet 2008 17:14

Splinter Cell : Double Agent

Quatre ans que Sam Fisher traîne ses guêtres sur la surface pixélisée de nos moniteurs. Quatre ans et déjà quatre aventures à l'actif du plus efficace des agents de la NSA puisqu'Ubisoft vient de publier ses dernières péripéties. Pour l'occasion et alors que les précédents opus tournaient finalement un petit peu en rond, Ubisoft a décidé de revoir sa copie et de remettre en question le côté insubmersible de son héros. Sam Fisher n'est plus que l'ombre de lui-même et doit, pour redonner un sens à sa vie, jouer les agents doubles... Une façon efficace de renouveler le gameplay vieillissant d'une série ?

Argent trouble pour agent double

Toujours mieux intégré à la campagne solo, l'introduction du jeu nous propose de reprendre le rôle de Sam Fisher comme si de rien n'était. Secondé par un petit jeunot qu'il doit former, Fisher arrive en Islande pour une mission de routine qui, bien sûr, tourne rapidement au vinaigre. La petite base inoffensive abrite en réalité des terroristes présumés et les objectifs de missions changent donc du tout au tout. Hélas, le jeunot n'est pas rompu à ce genre d'exercices et se fait descendre en pleine action. Rude coup pour Fisher, cette mort n'est cependant pas la plus difficile à supporter puisque dans l'hélicoptère qui le ramène aux États-Unis, notre héros apprend la disparition de sa fille... Déjà ébranlé, Fisher sombre complètement à l'annonce de cette triste nouvelle et ne doit finalement son salut qu'à la ténacité de Lambert.

Splinter Cell : Double Agent
Splinter Cell : Double Agent
Splinter Cell : Double Agent

Alors qu'il partait pour une mission de routine, Fisher se retrouve dans la plus délicate des situations


Directeur du programme Splinter Cell et ami de Fisher, Lambert n'accepte pas de le voir renoncer et lui propose une dernière chance : une véritable mission suicide pour laquelle il lui faut infiltrer une organisation terroriste basée aux États-Unis, la JBA. Cette infiltration passe d'abord par une incarcération dans la prison fédérale d'Ellsworth ce qui lui permet de faire ami ami avec un membre de la JBA, un certain Jamie Washington. C'est ainsi que nous entamons la seconde mission du jeu, véritable amorce de l'aventure. Sam Fisher est dans sa cellule et Washington lui expose ses projets d'évasion. L'habitué de la série reprend alors vite ses marques, mais que le débutant se rassure : Ubisoft a prévu deux niveaux d'entraînement que l'on peut faire n'importe quand. En outre, les premiers objectifs sont très progressifs afin que l'on ait le temps d'assimiler les commandes.

Splinter Cell : Double Agent

Au contraire, ce sont plutôt les vieux routards qui risquent de s'ennuyer un petit peu en début de partie : qu'il s'agisse de la mission en Islande ou de l'attaque du Rublev, les objectifs sont vraiment simplissimes. Disons que cela permet de retrouver en douceur les bonnes vieilles habitudes de Chaos Theory. Plus gênant, on remarque dès les premières secondes dans la prison d'Ellsworth qu'Ubisoft n'a pas jugé bon de soigner le réalisme des situations : ainsi, malgré son statut de prisonnier comme les autres, Sam a toujours une partie de son équipement électronique comme vous pouvez le voir sur les captures. Pas très important, ce n'est hélas pas le seul petit problème du jeu, mais revenons-en plutôt à notre évasion. La mission n'est donc pas très compliquée et il suffit de rester le plus discret possible pour arriver au toit en compagnie de Wahsington.

Fisher et la piqûre de « rappel »

À partir de là, l'infiltration de Fisher peut débuter et il faut alors jongler entre sa nouvelle allégeance à la JBA et ses responsabilités envers la NSA : même le moral à zéro, Fisher reste un type droit dont le seul objectif est le bien de l'Humanité. Cette dualité est matérialisée par une double jauge de confiance : une action « pro-JBA » fait monter la jauge de l'organisation terroriste alors qu'une action de la NSA permet de garder le contact avec Lambert. Souvent les objectifs imposés par les deux organisations peuvent être réalisés de concert, mais pas toujours et dans certains cas ils sont même carrément opposés. Au travers des différentes missions, il faut donc trouver le juste équilibre pour conserver la confiance de la NSA sans faire sauter sa couverture... Un exercice évidemment de plus en plus délicat à mesure que la partie avance.

Splinter Cell : Double Agent
Splinter Cell : Double Agent
Splinter Cell : Double Agent

À Shanghai, au Mexique ou en Sibérie, Fisher est un type très « aérien »


Sans dévoiler le scénario du jeu disons simplement qu'une fois encore Sam a l'occasion de voir du pays puisqu'il est notamment amené à se rendre en Islande, à Shanghai, au Mexique ou bien à Kinshasa. Chaque lieu est l'occasion d'une mission aux objectifs radicalement différents et alors que la JBA n'est pas trop regardante sur les pertes « civiles », la NSA est beaucoup plus à cheval sur les principes. Du coup et même lorsque les objectifs des deux organisations sont relativement proches, il faut souvent marier deux approches assez contradictoires : un peu rentre-dedans pour les terroristes, toute en finesse / infiltration pour Lambert et ses amis. Bien plus que dans Chaos Theory, le joueur doit donc faire attention à ce qu'il fait : une action menée un peu rapidement pour le compte d'une des deux fonctions pouvant rapidement hypothéquer les chances de réussir un objectif de l'autre.

Splinter Cell : Double Agent

Histoire d'enfoncer un peu plus le clou de la diversité, les développeurs ont également imaginés des « missions » à l'intérieur même du quartier général de la JBA. Ces quelques missions viennent entrecouper les voyages à l'étranger et donnent du liant au scénario général de l'aventure. Les pontes de la JBA nous ordonnent par exemple de décrypter un courrier électronique, de réussir quelques tests ou de préparer des mines, alors que les responsables de la NSA nous demandent de dénicher toujours plus d'informations sur les membres et les agissements de l'organisation terroriste. Comme si les choses n'étaient déjà pas assez compliquées comme ça, les missions en question sont en temps limité : de très nombreux objectifs principaux / secondaires sont disponibles pour faire remonter les niveaux de confiance de Sam, mais on peut difficilement tout faire.

La démo de Double Agent ? Un échantillon de (Splinter) Cell !

Au fil de l'histoire, par ailleurs assez intéressante et travaillée, Fisher en apprend de plus en plus sur la JBA, doit se méfier de ses membres tout en faisant son maximum pour que la NSA ne s'imagine pas qu'il a changé de bord et, bien sûr, il doit faire tout cela en restant en vie. Dans l'ensemble, Double Agent est sans doute le plus délicat des Splinter Cell, et ce, d'autant plus que le gameplay, plus exigent, n'est pas toujours secondé par une réalisation irréprochable. Graphiquement, il n'y a absolument rien à redire et pourvu que vous ayez du matériel puissant ainsi que de l'espace disque à foison (10 Go nécessaires), Double Agent est un véritable feu d'artifice. Rien à redire non plus sur l'ambiance sonore impeccable de bout en bout. Non, le problème se situe plutôt au niveau même du fonctionnement du jeu.

Splinter Cell : Double Agent
Splinter Cell : Double Agent
Splinter Cell : Double Agent

Globalement splendide, la réalisation technique du jeu souffre tout de même de quelques bugs bien gênants (image du centre par exemple)


Ainsi, les différents personnages de l'aventure ont encore et toujours de sacrés problèmes de vue : ici, ils repèrent Sam alors qu'il est parfaitement à l'abri des regards derrière une série de placards, et là alors qu'ils sont en patrouille, ils laissent notre ami à quelques centimètres d'eux sans avoir la moindre réaction. D'autres soucis encore un peu plus gênants sont à mettre sur le compte de bugs que la première mise à jour ne corrige pas comme des scripts qui ne se déclenchent pas et obligent à relancer une sauvegarde ou des personnages (Sam compris) qui restent coincés dans des portes / trappes. Enfin, le pire est sans doute atteint avec la gestion pour le moins capricieuse des sauvegardes : le classement des sauvegardes est incompréhensible et il arrive qu'une sauvegarde ne veuille tout simplement pas se charger.

Ces problèmes aussi réels que pénibles n'entament heureusement pas l'enthousiasme du joueur qui peste un peu, mais reprend vite du service pour connaître la suite. On se surprend même à refaire certaines séquences pour, à la manière du Hitman, améliorer son score de discrétion. Refaire le déroulement du jeu n'est pas inintéressant non plus et Ubisoft parle de trois fins différentes. Cette petite rallonge en durée de vie n'est d'ailleurs pas dommage, car une fois encore, le multijoueur est en deçà du solo : il reprend l'opposition espions / mercenaires en mode versus ou challenge coopératif de Chaos Theory, mais sans convaincre complètement. Seulement huit cartes sont disponibles pour chaque mode et de gros problèmes subsistent (gestion des mouvements de l'espion, vision bleue du mercenaire inutile ou presque, problème de connexion aux serveurs)... Espérons qu'une prochaine mise à jour revienne sur tout cela.

Conclusion

Basé sur un scénario intéressant et une solide campagne solo, Splinter Cell Double Agent marque incontestablement des points. Alors que Pandora Tomorrow avait déçu de nombreux joueurs et que Chaos Theory ne faisait que revenir sur le concept du premier opus, Double Agent innove avec un certain brio. La dualité des missions est remarquablement rendue et provoque chez le joueur quelques poussées d'adrénaline assez étonnantes. Toutes les missions ne sont pas du même niveau, mais la conception de certaines d'entre elles flirte vraiment avec la perfection : du très bon travail de la part des développeurs. Hélas, cette qualité de conception des niveaux n'est pas sans contrepartie. Il faut ainsi faire avec de nombreux bugs plus ou moins gênants et les exigences matérielles sont élevées (processeur 3,2 GHz, 1 Go de mémoire, carte graphique 256 Mo Shader Model 3.0, 10 Go de disque dur). Malgré la présence de trois fins différentes, la campagne solo s'avère en outre assez courte : comptez une petite dizaine d'heures pour la terminer une première fois. Ensuite, à vous de voir si elle vaut le coup d'être recommencée. De toute façon, il ne restera plus grand-chose à faire car comme ce fût le cas pour Chaos Theory, le multijoueur n'est pas encore assez travaillé pour être vraiment intéressant, à moins de connaître un petit groupe de joueurs bien rodé. Sans doute, le meilleur Splinter Cell en mode solo, Double Agent se doit, au strict minimum, d'être essayé.

lien permanent

image de plinter cell chaos theory  posté le samedi 05 juillet 2008 17:11

 

Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
lien permanent

chaos theory  posté le samedi 05 juillet 2008 17:09

Splinter Cell : Chaos Theory

Débarqué il y a à peine plus de deux ans sur nos PC, Sam Fisher est devenu en très peu de temps l'un des personnages les plus charismatiques du jeu d'action, il est vrai fort peu gâté dans ce domaine. En deux aventures, Splinter Cell et Pandora Tomorrow, il s'est forgé une impeccable réputation qui lui vaut maintenant un grand nombre de fans un peu partout dans le monde. Depuis le mois de mai 2004, ces derniers trépignent d'ailleurs d'impatience à l'idée qu'un troisième volet est en préparation... Ubisoft n'a bien sûr rien fait pour les décourager.

L'éditeur français a ainsi multiplié les effets d'annonce, les présentations et a diffusé un nombre tout simplement stupéfiant de vidéos / captures d'écran. Particulièrement rodés, les attachés de presse d'UbiSoft ont ainsi dévoilé une à une les innovations de cette troisième mouture qui doit renouveler le gameplay de Splinter Cell avec des missions plus ouvertes, une plus grande liberté d'action, une réalisation à la pointe de la technologie, quelques changements au multijoueurs « versus » et un nouveau mode de jeu coopératif... Tout un programme !

Chaotiquement votre ?

Bien que les nouveautés présentées par UbiSoft concernent principalement les modes multijoueurs, la campagne solo constitue une fois encore le gros morceau de Splinter Cell. Le décor est ici planté en 2008 alors que la virulence d'un virus informatique pousse le Japon à enfreindre plusieurs traités internationaux. Se sentant en danger, la Chine et la Corée du Nord menacent directement la Corée du Sud et le Japon qui décide de faire appel à son allié américain. Dans ce contexte international plus que tendu, la National Security Agency (NSA) décide de déléguer son meilleur agent : Sam Fisher. Comme à son habitude, notre sauveur préféré sera envoyé aux quatre coins du monde, afin tout d'abord de découvrir d'où vient exactement cette menace informatique. Dans un second temps, il sera chargé de mettre à jour les activités douteuses de certains individus afin de désamorcer cette situation explosive avant que les choses n'atteignent le point de non-retour. De manière générale, l'intérêt des Splinter Cell ne repose pas sur le scénario. Contrairement à celle de Max Payne par exemple, les histoires narrées par les développeurs sont toujours passées au second plan et, malgré un synopsis intéressant, c'est encore une fois le cas pour Chaos Theory. Quelques cinématiques ont été réalisées afin de faire progresser l'aventure, mais sans que les actions n'y soient vraiment liées. Ces séquences n'ont bien souvent pas de rapport direct avec la mission qui vient de se terminer, pas plus qu'elles n'en ont avec celle qui suit et le joueur doit en réalité se reposer sur les classiques briefings pour connaître ses objectifs.

Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory

Présentés par de classiques briefings, les objectifs évoluent parfois beaucoup au cours des missions


Ces missions se déroulent plus ou moins de la même manière que celles des précédents opus. Après avoir pris connaissance de ses cibles, le joueur incarne un Sam Fisher représenté à la troisième personne. Il doit se frayer un chemin vers l'objectif en évitant autant que possible d'alerter le monde qui l'entoure. Son équipement et son armement sont à la pointe de la technologie, mais il n'y a en réalité pas grand-chose de vraiment neuf dans tout cela. Bien sûr, on notera dès les premiers instants de jeu que Sam dispose maintenant d'un couteau qu'il n'hésite pas à employer pour menacer des gardes ou bien pour tuer d'un rapide geste du bras les ennemis de rencontre. De la même manière, les développeurs ont intégré quelques nouveaux mouvements pour varier un peu les plaisirs. Ces nouveaux mouvements ne changent cependant pas le fonctionnement même de la mission et bien souvent, le joueur utilise des techniques déjà expérimentées sur les précédentes aventures comme la destruction quasi systématique des différentes sources lumineuses pour ne pas se faire remarquer et ainsi exploiter l'avantage de la vision nocturne. Non, ce qui change vraiment entre ce Splinter Cell Chaos Theory et ses prédécesseurs c'est l'ouverture des missions, leur moins grande linéarité. C'est ainsi que pour pratiquement chaque problème rencontré par Sam Fisher on peut dénombrer différentes façons de s'en sortir. Cette (toute relative) liberté d'action évite la frustration du joueur qui ne doit pas recommencer sans cesse le même passage jusqu'à trouver la bonne méthode, mais diminue également assez nettement la difficulté du jeu.

Fisher : un Sam particulièrement sagace !

Splinter Cell : Chaos Theory

Par exemple, lorsque Sam est bloqué par une porte, il n'est pas forcé d'arpenter de nouveau toute la carte à la recherche du code précis qui lui permettra de l'ouvrir. Les développeurs lui donnent maintenant la possibilité de casser la serrure avec son couteau ou bien de crocheter celle-ci. Dans ce dernier cas, nous retrouvons évidemment la petite séquence de crochetage. Même lorsque la serrure n'est plus un problème, le joueur a plusieurs choix : il peut décider d'entrer violemment dans la pièce ou bien au contraire ouvrir progressivement et discrètement la porte pour ne pas se faire remarquer. Dans le déroulement même de la mission, on retrouve un peu de cette liberté nouvelle qui devrait faire plaisir à plus d'un joueur. Ainsi, l'accomplissement des objectifs primaires (indispensables au succès de la mission) ne passe généralement pas par un chemin unique. Dans le même temps, l'intégration d'objectifs dits « secondaires » et d'autres « d'opportunités » permet de renouveler le plaisir du joueur en offrant une certaine « rejouabilité » aux missions. Il s'agissait d'un gros défaut des deux premiers volets : une fois terminée, la campagne solo n'avait plus guère d'intérêt. Il n'est bien sûr pas question de la refaire quinze fois, mais avec Chaos Theory on peut très bien expérimenter d'autres méthodes, d'autres parcours. Mieux, un tableau statistique présente un résumé de la mission et donne un score en pourcentage au joueur. Ce dernier n'a bien sûr aucune valeur et même un 33 % permet de continuer la campagne, mais il poussera sans doute de nombreux joueurs à retenter une mission pour parvenir au score parfait !

Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory

Selon le cas, Sam Fisher doit savoir faire preuve d'initiative, d'agilité ou bien encore de discrétion pour s'en sortir sans dommage


Il sera évidemment très difficile de parvenir à ce score parfait, mais à contrario, terminer l'ensemble de la campagne solo se fera sans grande difficulté pour les vétérans des précédentes aventures de Sam Fisher. Il semble en effet que la plus grande liberté d'action et les différentes manières de traiter chaque problème aient rendu le jeu globalement plus facile. Alors que Splinter Cell et Pandora Tomorrow ne laissaient pas beaucoup de droit à l'erreur, il est ici tout à fait possible de changer d'optique en cours de mission : le joueur dispose ainsi d'une certaine latitude qui lui permet d'improviser un petit peu. En outre, il faut bien avouer que l'intelligence artificielle des adversaires n'a pas vraiment progressé. Globalement, ils réagissent mieux au monde qui les entoure et essayeront par exemple de se cacher lorsque vous ratez un premier coup de feu. Ils apprécient par contre toujours autant de se promener dans le noir absolu, ne s'inquiéteront pas souvent de voir les éclairages éclater les uns après les autres… De telle sorte qu'il est toujours aussi facile (voire même un peu plus) de rester immobile dans un coin sombre afin de profiter du meilleur moment pour leur sauter dessus. En définitive, les joueurs expérimentés termineront sans doute cette campagne solo en moins de quinze heures. Pour les autres, les choses devraient durer un peu plus longtemps, d'autant qu'il est possible de choisir parmi trois niveaux de difficulté. Afin de prolonger le plaisir et comme nous en avions parlé en introduction, les développeurs nous ont préparé quelques réjouissances multijoueurs.

« Versus » et coopératif, le multijoueurs est au rendez-vous

Splinter Cell : Chaos Theory

Au cours des multiples présentations effectuées par UbiSoft, il est un mode de jeu qui revenait systématiquement et avec force superlatif : le coopératif. Il est vrai que l'éditeur tient ici une façon de jouer pour ainsi dire inédite. Le coopératif permet à deux joueurs d'accomplir une série de missions. Ici, le concept repose évidemment sur le travail en équipe et toute la conception des niveaux a été pensée de manière à l'amplifier. Ce travail en équipe se résume souvent à atteindre des endroits autrement inaccessibles, à passer des obstacles sinon infranchissables et sans tout dévoiler d'entrée, on peut parler de la possibilité de se faire la courte échelle, de projeter son partenaire, de l'utiliser comme une échelle de corde ou bien encore de ce mouvement qui permet de jouer au cochon pendu ! Plus particulièrement destiné à être joué avec un ami, ce mode coopératif est un peu délicat à mettre en place, mais s'avère assez rapidement très prenant. Les développeurs ont d'ailleurs prévu un moyen de communiquer avec un casque, mais cette solution nous a semblé moins fonctionnelle que d'être dans la même pièce. Intéressant, ce mode souffre cependant de quelques défauts qui l'empêchent de prendre la dimension qu'il aurait dû avoir. On pense tout particulièrement au faible nombre de missions disponibles. En dehors de la séquence d'entraînement qui permet simplement de se familiariser avec les commandes, nous ne pourrons ainsi prendre part qu'à quatre missions situées dans les décors de la campagne solo comme Panama, New York ou Séoul. Cette dernière mise à part, les missions manquent également d'un peu de rythme et ne font finalement pas un usage intensif des interactions entre les deux « Sam Fisher ». Très agréable malgré tout, nous espérons que ce mode de jeu bénéficiera de nouvelles cartes / missions pour lui donner la dimension qu'il mérite.

Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory

Le mode coopération est l'occasion de réaliser différents mouvements à deux : courte échelle, projection, échelle humaine...


Enfin, la dernière partie du jeu n'est pas vraiment une nouveauté puisqu'elle avait été introduite avec le second jeu, Pandora Tomorrow. Il s'agit bien sûr du mode versus qui constitue le véritable mode multijoueurs de Splinter Cell et permet à deux équipes de deux joueurs de se mesurer au travers d'un affrontement espions / mercenaires. Dans l'ensemble, ce mode de jeu est identique à ce que proposait Pandora Tomorrow. Il y est donc toujours question d'une lutte entre des agents très agiles, bénéficiant de fonctions de camouflage et des mercenaires plus puissants, plus résistants, mais beaucoup moins mobiles. De la même manière, seuls 50 % des cartes disponibles dans ce mode sont vraiment nouvelles, les autres n'étant que des adaptations de celles présentent dans Pandora Tomorrow. En réalité, la seule grosse différence que noteront les habitués du jeu précédent réside dans la création de missions « scénarisées ». Les objectifs des espions conduisent ainsi leurs joueurs à atteindre différents endroits de la carte, alors que les mercenaires sont bien obligés de les suivre pour défendre la position et remporter la partie. De nouvelles armes et de nouveaux équipements ont bien sûr été intégrés pour varier les plaisirs et nous retiendrons plus particulièrement la présence de cette formidable combinaison de l'espion qui lui permet de passer presque complètement inaperçu. Enfin, il ne faut pas oublier de préciser que deux modes de fonctionnement de ce « versus » sont disponibles en plus des missions « scénarisées » (ou mode « histoire ») : le mode chasse au disque qui demande aux espions de trouver des Disques durs répartis sur le niveau et le mode combat à mort, où il suffit d'éliminer l'équipe adverse pour l'emporter.

Pour une poignée de shaders...

Splinter Cell : Chaos Theory

Encore plus efficace que dans Pandora Tomorrow du fait de sa plus grande variété, « versus » souffre toutefois d'un défaut particulièrement étrange et que l'on espère voir corriger très rapidement. Ce mode fait effectivement appel à une application extérieure que Chaos Theory lance automatiquement lorsque le joueur valide son choix. Cette application se charge sans problème, mais ne conserve pas les réglages appliqués au jeu de base. Du coup, il est indispensable de reconfigurer l'ensemble des contrôles et paramètres graphiques / sonores, avec une bien mauvaise surprise : l'écran de réglages graphiques s'avère particulièrement pauvre ! On ne retrouve pas les mêmes options que dans le jeu en lui-même et il faudra par exemple faire une croix sur l'activation de l'anti-aliasing ou le choix des Shaders Models avec le résultat que cela suppose. Pour peu que vous disposiez d'une machine relativement puissante, le mode versus est bizarrement moins beau que le jeu au cours de la campagne solo ou du mode coopératif. L'effet d'escalier se faire bien sûr sentir dès le 1024x768, mais les textures semblent aussi moins détaillées : espérons là encore qu'un patch salvateur ne tardera pas trop. Puisque nous en sommes à parler technique, il me semble utile de détailler un petit peu plus certains aspects largement discutés par UbiSoft lors de ses différentes présentations et en particulier de revenir sur ce qui inquiétait de nombreux possesseurs de cartes ATI : la gestion des Shaders Models. Main dans la main avec NVIDIA, UbiSoft a effectivement mis l'accent sur les Shaders Models 3.0 exclusivement supportés à l'heure actuelle par les cartes GeForce 6 de la firme au caméléon.

Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory

La combinaison de l'espion lui permet de se rendre presque complètement invisible : un avantage bien appréciable !


Pour les possesseurs de cartes ATI, il n'y a d'autre choix que d'opter pour les Shaders Models 1.1 puisqu'UbiSoft ne s'est pas préoccupé de la version 2.0. Aussi regrettable que cela puisse paraître sur le papier, ce n'est pas rédhibitoire au cours du jeu... Loin de là même ! Nous avons pour vous en convaincre réalisé trois captures d'écran au même endroit dans le jeu. La première est le rendu 1024x768 au maximum sur ATI X800 Pro (ShaderModels 1.1 donc, mais AA et Aniso activés), la seconde propose le résultat obtenu sur une GeForce 6600 GT avec les Shaders Models 3.0 et l'activation du HDR, alors que la dernière conserve la même carte NVIDIA, mais désactive le HDR pour lui préférer l'anti-aliasing (les deux ne sont pas cumulables)... Je vous laisse seuls juges ! Globalement, on peut dire que Splinter Cell Chaos Theory est nettement plus beau que ses prédécesseurs notamment lorsque la vue la plus utilisée est activée. La vision nocturne semble effectivement avoir été au coeur des préoccupations des développeurs et le rendu des effets de lumières est tout simplement remarquable. Il ne faut pour autant pas négliger le travail accompli dans d'autres domaines : les ombres sont très réussies et le rendu de certains matériaux (toile plastique, rideaux...) est étonnant. Les animations des personnages et en premier lieu de Sam Fisher ne sont pas en reste et la bande-son ajoute encore à l'ambiance, à l'atmosphère du jeu... Histoire de ne pas faire rougir les graphistes, nous critiquerons tout de même les cinématiques toujours aussi moches et le rendu encore très « plastique » des visages alors qu'Half-Life 2 nous a prouvé qu'il était possible de leur donner un aspect beaucoup plus vivant !

Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory
Splinter Cell : Chaos Theory

ATI (AA 8x, Aniso 16x) sur la gauche et NVIDIA sur les deux captures de droite (HDR activé, puis AA 4x activé)


Conclusion

À en croire UbiSoft, Splinter Cell : Chaos Theory allait révolutionner le jeu d'action sur PC. L'introduction de nouvelles fonctionnalités devait rendre son mode solo plus passionnant que jamais et l'intégration de nouveaux modes de jeu lui permet de s'imposer sur le terrain du multijoueurs. La réalité des choses est évidemment un peu plus complexe, mais nous pouvons d'ores et déjà dire que cette troisième aventure de Sam Fisher est de loin la plus aboutie. Le principe de la campagne reste bien sûr assez proche des deux précédentes, mais les concepteurs ont répondu aux attentes de nombreux joueurs en évitant de recopier à la lettre les mécanismes de Pandora Tomorrow. Sam Fisher est maintenant un peu plus libre de ses actions et le joueur ne devra plus forcément suivre à la lettre l'unique voie du succès. De nombreuses portes resteront irrémédiablement fermées et les séquences de jeu reposent encore essentiellement sur les scripts, mais le joueur peut maintenant envisager différentes solutions pour passer un obstacle et c'est déjà très agréable.

Cette relative liberté mise à part, le jeu conserve un déroulement identique aux deux précédents opus. Le cocktail détonnant d'action / infiltration est toujours au rendez-vous et Sam Fisher n'a rien perdu de son charisme. En plus d'ajouter quelques petites touches d'humour généralement très bien venues, UbiSoft ravira les amateurs de VO comme de VF : le doublage français est de très bonne qualité et pour une fois il est possible de passer en version originale ! Cette bande-son est d'ailleurs tout à fait convaincante avec des bruitages d'ambiance fort à propos. Seule la musique, généralement de qualité, est parfois un petit peu déroutante lorsqu'elle souligne un peu fort les moments les plus tendus. La campagne solo ne souffre en définitive que d'un seul véritable défaut qui découle fort logiquement de la plus grande liberté offerte au joueur : elle est courte ! En conséquence, nous conseillons évidemment de tester sur la première mission et de ne pas hésiter à opter pour un niveau de difficulté élevé.

Très réussi en solitaire, Chaos Theory est par contre un petit peu plus décevant en multijoueurs. C'était déjà un défaut des deux premiers volets et malgré les efforts consentis, on sent bien qu'il s'agit encore de la faiblesse de ce troisième épisode. Le mode coopératif est une véritable petite merveille au niveau du concept, mais il pêche par un nombre de missions nettement trop faible pour ne pas décevoir les joueurs à long terme. Alors que le mode versus souffre lui d'une réalisation étonnamment décalée par rapport au reste du jeu. Heureusement, le rythme, la pression et les différences entre les deux classes parviennent à compenser cette lacune que l'on espère bientôt corrigée. Avec Splinter Cell : Chaos Theory, UbiSoft ne s'est pas contenté de faire une simple « resucée » des deux succès de Sam Fisher. Il nous offre une véritable suite… Celle que les fans attendaient sans aucun doute !

lien permanent

pandora tomorrow  posté le samedi 05 juillet 2008 17:06

Splinter Cell : Pandora Tomorrow

Un an presque jour pour jour que la menace incarnée par le président Kombayn Nikoladze a été écartée. Inutile de vous en rappeler les principaux faits puisque vous étiez probablement déjà aux commandes et après les montagnes de Géorgie, c'est en Indonésie que la NSA a décidé de vous envoyer. Enfin quand je dis "vous", je pense bien sûr à votre alter-ego vidéo-ludique, le super agent américain Fisher, Sam Fisher. Vous connaissez sans doute déjà bien le bonhomme pour l'avoir incarné quelques heures durant au printemps 2003. Après son excursion caucasienne, le "Man In Black" est donc de retour et si j'en crois le succès tant commercial que critique du premier volet, ce n'est pas pour nous déplaire.

Adapté sur toutes les plate-formes principales du moment (PC et Xbox mais aussi Playstation 2 et GameCube), Splinter Cell avait fait forte impression lors de sa sortie le 28 février 2003. L'infiltration sur PC était alors le seul fait d'un certain "47" et si l'homme au code barre excellait dans son domaine, les joueurs n'étaient visiblement pas contre un peu de variété. Puisque "47" ne sera pas de retour avant le 30 avril prochain, c'est à Sam Fisher de jouer les premiers rôles. Une aventure indonésienne donc et une sombre histoire de terrorisme biologique... Tout cela ne me dit rien qui vaille.

Un éternel recommencement ?

Certains philosophes estiment que l'histoire est cyclique, que la vie n'est qu'un éternel recommencement. Je ne me lancerais pas dans un débat sans fin opposant le pour et le contre de cette théorie mais je reste cependant certain que dans le cas très précis du jeu vidéo c'est parfaitement exact et ce n'est pas le pauvre Sam Fisher qui va me contredire. Moins d'un an après son escapade géorgienne, l'agent très spécial est donc envoyé en Indonésie pour une mission de la plus haute importance. Un groupe de rebelle s'est en effet emparé de l'Ambassade Américaine au Timor Oriental région particulièrement troublée depuis que les gouvernements occidentaux ont laissé l'Indonésie en prendre le contrôle (NDLR : ce dernier élément n'est pas du jeu vidéo, c'est la réalité). De nombreux otages sont retenus prisonniers au sein même du bâtiment et c'est donc l'ami Fisher qui est appelé à la rescousse. Il faut dire que parmi lesdits otages se trouve une vieille connaissance de Fisher, un certain Douglas Shetland. Shetland est à la tête d'une entreprise militaire privée et serait en possession de nombreux dossiers secrets.

Splinter Cell : Pandora Tomorrow - Mode 'normal'
Splinter Cell : Pandora Tomorrow - Mode 'nocture'
Splinter Cell : Pandora Tomorrow - Mode 'thermique'

Vision "normale", "nocturne" ou "thermique" : pas de doute, c'est bien l'ami Fisher que l'on retrouve !


Parachuté à quelques encablures de l'Ambassade, Sam doit tout d'abord se frayer un chemin à travers les quelques habitations qui le séparent du bâtiment. Ce petit parcours simplissime n'est en fait que le prétexte à un petit didacticiel finalement mieux intégré que la séance d'entraînement du premier volet. On y apprend une nouvelle fois les mouvements de base et on y découvre quelques petites nouveautés le rendant intéressant même pour les habitués du Splinter Cell originel : c'est par exemple grâce à cet exercice que l'on comprend l'utilité de la vision thermique en présence de mines. Relativement court et donc pas foncièrement inintéressant, cet intermède s'intègre très bien à l'aventure : il se termine au moment même où Sam Fisher parvient à grimper le long d'une gouttière pour pénétrer à l'intérieur de l'Ambassade. La deuxième partie de la première mission débute et l'aventure peut alors véritablement commencer... Tout au long de la campagne solo, c'est ainsi huit missions qui s'enchaînent de la sorte, chacune étant subdisivée en deux ou trois sections de longueur assez variable.

Splinter Cell : Pandora Tomorrow - De saines lectures ?!


Voyage, voyage

Sans trop entrer dans les détails de cette campagne solo et ainsi vous en dévoiler tous les mystères, on peut tout de même dire que l'agence de voyage de Fisher a peut-être moins bien réussi son boulot que lors du premier épisode. L'Indonésie fait bien sûr partie des destinations au programme, mais en dehors de cela rien de vraiment exotique puisque nous sommes simplement amenés à découvrir très brièvement la Capitale française et la deuxième ville des Etats-Unis : Los Angeles. Pas question cependant de goûter aux joies des nuits parisiennes ou de visiter les studios de cinéma : Sam Fisher ne mélange jamais le travail et le plaisir. Cette diminution des destinations ne s'explique pas par les réductions budgétaires de la NSA mais plutôt par un resserrement du scénario. La campagne de Pandora Tomorrow semble en effet un peu plus dense, un peu mieux construite que celle de Splinter Cell. Dans le précédent opus, le résultat était déjà très convaincant mais là, il semblerait que les scénaristes se soient attachés à rendre le tout un peu moins décousu.

Ils se sont d'ailleurs parfaitement acquitté de cette tâche et force est de constater un enchaînement plus évident des événements, une limpidité plus nette dans la progression dramatique de l'histoire. En ce qui concerne le contenu même des nouvelles aventures de Fisher, il n'est par contre pas question de réelles surprises. Notre super héros est toujours aussi doué et l'âge ne semble pas avoir de prises sur lui. Impressionnant de souplesse, il se déplace aussi discrètement qu'un chat et peut adopter les positions les moins confortables pour rester parfaitement invisible (NDLR : Sam, ti ondules ton corps...). Les déplacements sont identiques à ce que l'on pouvait déjà relever dans Splinter Cell et Fisher peut donc faire des roulades, rester suspendu par les pieds, faire le grand écart entre deux parois et tirer dans à peu près n'importe quelle position. Le petit gars a tout de même appris quelques petites choses supplémentaires et il est maintenant capable de siffler (NDLR : trop fort !) pour attirer l'attention d'un garde ou bien encore de faire un 360° pour passer d'un côté à l'autre d'un pilier par exemple.

De la même manière, Sam Fisher dispose toujours de nombreux accessoires pour se frayer un chemin. Tantôt il doit enregistrer la conversation téléphonique d'un agent double et tantôt c'est à l'aide de sa caméra thermique qu'il pourra identifier la bonne personne. Les accessoires sont à peu de choses près identiques à ce que l'on avait déjà pu relever lors du test du précédent volet. On retrouve donc les balles en plastique, les caméras de diversion ou encore les différents types de grenades. Chaque objet a une utilisation bien précise et comme ils sont rarement en très grand nombre, il est important de ne pas les gâcher inutilement. Sam avait deux armes de prédilection dans sa première aventure et ce sont les deux mêmes joujoux que l'on retrouve ici : un pistolet équipé d'un silencieux et le précieux SC-20K à tout faire. Ce fusil multi-fonctions permet bien évidemment de profiter du traditionnel mode de visée indispensable pour les "headshots" et les développeurs ont ajouté un mode "laser rouge" pour compenser l'imprécision du classique réticule : par contre soyez prudent, les gardes ont tendance à réagir nerveusement lorsque le laser pointe leur visage !

Splinter Cell : Pandora Tomorrow - Il ne va rien comprendre !

Si les gadgets sont toujours d'actualité, il faudra également faire appel aux aptitudes physiques du gars Fisher


Rien de nouveau sous le soleil ?

Si l'on en reste à ce descriptif rapide des fonctions disponibles dans le jeu, force est de constater que l'originalité n'est pas au cœur de Pandora Tomorrow. Pour un peu, on considérerait même que cette nouvelle aventure n'est qu'une vulgaire extension. Il faut bien admettre que les arguments pour étayer cette thèse sont assez nombreux, à commencer par la réalisation technique qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de Splinter Cell. Reconnaissons d'ailleurs que cette dernière n'a pratiquement pas vieilli et que la beauté des différents décors reste assez stupéfiante malgré la sortie de Far Cry. Pour notre plus grand bonheur, les excellents doubleurs du premier volet ont également rempilé et Pandora Tomorrow s'offre donc une réalisation de très haute volée. Pourtant, les joueurs les plus critiques à l'égard de Splinter Cell seront sans aucun doute déçus de voir que leurs remarques n'ont pas été prises en compte. Les missions sont toujours aussi linéaires, les éléments de décor restent tout à fait accessoires et il faut, une fois encore, rester au plus près de la solution imaginée par les développeurs pour s'en sortir.

Dans de nombreux cas, on remarquera les efforts déployés par les concepteurs pour permettre un chouia plus de liberté, mais cela reste malgré tout très succinct et on ne retiendra finalement que deux approches : infiltration ou "grosbillisme". C'est d'autant plus regrettable que certains décors particulièrement riches auraient permis beaucoup plus de choses, je pense en particulier à la jungle indonésienne où la végétation ne sert finalement qu'à délimiter une sorte de passage obligé pour notre héros. Dans le même ordre d'idées, on regrettera que les développeurs n'aient pas pris le temps de peaufiner la localisation des dégâts ou l'intelligence artificielle. Vous avez beau tirer dix fois dans le pied droit d'un adversaire, tant que son niveau de vie n'a pas atteint zéro, cela ne lui posera aucun problème ! Même regret avec la gestion de l'obscurité chère à notre ami Fisher. Dans le premier volet les gardes de la CIA semblaient vivre carrément dans le noir... On dirait bien que les terroristes indonésiens soient aussi à l'aise dans les ténèbres que les agents américains : ils n'essayent jamais d'allumer les lumières ou ne s'inquiètent pas de l'explosion régulière des néons !

Splinter Cell : Pandora Tomorrow - Sont encore tout chauds


Toujours meilleur à plusieurs !

Ces défauts pourraient évidemment agacer ceux qui les avaient relevés dans le premier volet et ce n'est bien sûr pas Pandora Tomorrow qui risque de convertir aux exploits "samfisheriens" les réfractaires à Splinter Cell. Pourtant, cette nouvelle aventure est parfaitement pensée. Elle n'offre certes pas beaucoup d'originalité (encore que la mission en TGV est bien sympathique), mais l'efficacité est au rendez-vous et c'est bien ça le plus important. Aucun doute à avoir, si vous avez aimé le premier épisode, vous replongerez comme moi dans ce mélange d'action / furtivité. L'ambiance est toujours au rendez-vous, le stress également et pourvu que vous n'abusiez pas du système de sauvegarde (comme pour le premier épisode, Ubisoft n'a pas repris le principe des checkpoints des versions consoles), l'aventure sera relativement difficile. En simple joueur, Pandora Tomorrow n'est donc qu'une sorte de grosse extension et à vrai dire ce n'est guère surprenant quand on pense au temps de développement qu'a dû demander LA véritable innovation de Pandora Tomorrow : le multi-joueurs.

Oui, UbiSoft a décidé d'adjoindre une partie réseau à son titre phare et si je dois bien reconnaître avoir été plus que sceptique à cette annonce (comment rendre correctement l'aspect infiltration en multi-joueurs), je dois également reconnaître avoir été passablement bluffé ! Les quatre joueurs sont répartis en deux équipes de deux : les espions de ShadowNet et les mercenaires d'Argus. Chacun des deux camps dispose de caractéristiques et de gadgets qui lui sont propres mais surtout la représentation elle-même diffère selon le camp choisi. Les espions sont évidemment très proches de Sam Fisher et profitent d'une vue à la troisième personne autorisant un grand champ de vision au contraire des mercenaires qui doivent eux faire avec une vue subjective beaucoup plus limitée. Schématiquement, on peut dire que les espions ont plutôt le rôle d'attaquant alors que les mercenaires "défendent", mais selon le mode de jeu, les objectifs varient considérablement. En "Neutralisation", les espions doivent pirater des terminaux sachant que lorsqu'ils sont en train d'accéder à la machine, ils sont parfaitement visibles des mercenaires chargés de les stopper.

Le mode "Sabotage" est assez proche dans la mesure où les espions doivent une nouvelle fois accéder à des terminaux mais ici pour y placer un modem. Ceci fait, l'alarme se déclenche et les mercenaires doivent tout mettre en œuvre pour détruire ledit modem ce qui amène les espions à retenter leur chance et ainsi de suite. Enfin, le troisième mode, "Extraction", est un peu différent car davantage basé sur le "mouvement". Les espions doivent en effet s'approprier une fiole et la transporter à leur point de départ. Le problème étant que plus ils se déplacent vite, plus ladite fiole est visible par les mercenaires ! En plus de la représentation (première ou troisième personne), c'est bien sûr l'équipement qui fait toute la différence entre espion et mercenaire. Les premiers misent sur leur discrétion avec un pistolet paralysant et de quoi déclencher de fausses alertes avec différentes grenades (fumigènes, flash). De leur côté, les mercenaires disposent d'un équipement plus lourd (un bon gros fusil) et destiné à identifier les espions : détecteur de mouvements et détecteur électro-magnétique. Original et très varié, le mode multi-joueurs nécessite par contre de bien connaître les cartes, histoire de ne pas se faire piéger comme "un bleu", mais dès lors qu'un minimum d'expérience est acquis, il devient vraiment très amusant... Reste cependant à voir combien de temps et si le faible nombre de cartes disponibles (huit) ne risque pas d'en écourter la durée de vie.

Splinter Cell : Pandora Tomorrow - ''In your heaaaad''

Si l'atmosphère est toujours aussi bien rendu et la tension très "palpable", on regrette l'intelligence artificielle "faiblarde"


Les héros ne meurent jamais...

Evidemment moins stupéfiant que Splinter Cell premier du nom, Pandora Tomorrow n'en demeure pas moins une franche réussite. Le cocktail action / infiltration est toujours aussi bien maîtrisé par des développeurs qui nous proposent un mélange détonnant quoique peu original et cette nouvelle aventure n'a vraiment pas à rougir de la comparaison avec son prédécesseur. J'aurais même tendance à trouver le scénario un peu plus abouti, un peu moins décousu que dans Splinter Cell. Les missions semblent mieux s'enchaîner et l'histoire est peut-être un peu plus limpide. Il ne fait de toute façon aucun doute que si vous avez aimé la ballade géorgienne de Sam Fisher, vous aimerez au moins autant partir à la découverte de ce que l'on appelait autrefois les Indes Néerlandaises. On appréciera les (trop rares) nouveautés et même si elle est très courte, la séquence en TGV fera son petit effet.

L'aventure reste malgré tout très linéaire et c'est sans aucun doute le reproche principal, avec le manque de "rejouabilité", que l'on peut adresser à Pandora Tomorrow. Alors bien sûr, plus de liberté accordé aux joueurs aurait certainement réduit la tension, le stress ressenti pendant les missions mais il faut bien admettre que cela reste parfois contrariant. Ce n'est d'ailleurs par Pandora Tomorrow qui risque de convaincre les réfractaires à moins qu'ils ne se laissent tenter par le mode multi-joueurs. S'il est encore un peu tôt pour juger de son intérêt dans le temps, ce mode est de prime abord très réussi et permet de se retrouver à quatre dans un jeu d'action sans équivalent à l'heure actuelle. Le comportement différent des deux classes de personnage permet une action vraiment variée et renouvelle constamment les parties. Alors que le réseau inquiétait pas mal de fans, les concepteurs s'en sont sorti avec brio.

Splinter Cell : Pandora Tomorrow s'impose donc sans trop de problème comme l'une des références actuelles en matière d'infiltration sur PC. Il faudra bien sûr suivre de près la troisième aventure du Hitman à paraître très bientôt, mais en l'état, Sam Fisher a déjà largement de quoi convaincre aussi bien les amateurs de jeux en solitaires que les aficionados du réseau.

lien permanent



 

Accueil | PC | PS3 | 360 | Wii | PS2 | DS | PSP | IPHONE | Web |
Jeux du moment : Bioshock 2 PC | Bioshock 2 PS3 | Call of Duty : Modern Warfare 2 360 | F1 2009 Wii | Assassin's Creed II : Discovery DS